La mascotte de Fribourg!

5 Fév
Hubert Audriaz ou "le magicien"

Hubert Audriaz ou « le magicien »

Je me dois d’écrire ce petit billet. Cet homme… CET HOMME! Je ne parle pas là d’un coup de foudre, d’amour ni même d’amitié. Il y a juste de ces rencontres qui illuminent votre journée. Peu importe si une amende attend gentiment sous l’essuie-glace de votre voiture, si le train est bondé ou s’il fait froid: un sourire trône sur votre visage. Eh bien lui, c’est un de ces hommes. Hubert Audriaz.

Le « magicien » arrive sur son vélo-moteur, récemment retrouvé par la police. Ses cheveux blancs, loins d’être plaqués sur la tête, sont gonflés par le vent. « Pourquoi je ne porte pas de casque? Je ne suis pas très intelligent. Et puis ça me décoiffe! » lance-t-il, amusé.

S’en suit une discussion tenant presque de l’irréel. Deux exemples: « Je ne pensais pas qu’on volait à Fribourg; je pensais qu’on empruntait! », « Je me lèverais la nuit pour vous regarder dormir! ». Et entre chacune de ses phrases – non, je n’exagère pas! – Hubert salue le tout venant: le chauffeur de bus, une dame qui passe la tête par la fenêtre, des passants, des conducteurs… Tout-le-monde. Mais pas par folie: Hubert connaît tout le monde et surtout tout le monde le connaît à Fribourg. Je suis même persuadée que la ville entière était à la recherche de son boguet. En tout cas, le soulagement est général.

Non je ne pourrai m’empêcher de lui consacrer de mon temps pour livrer un reportage plus complet. Il le faut! Pour que vous aussi vous puissiez sourire.

Publicités

1984: comme dans l’air du temps

20 Nov

Penguin books, 336 pagesBien que nous soyons déjà en 2012, pour George Orwell, 1984 représentait l’avenir de notre monde. Et quel avenir !

Aucun citoyen ne connaît la liberté. Tous vivent sur un continent régit par l’image d’un dictateur d’une cruauté d’âme incommensurable. Bouger ou penser ne fait plus, désormais, partie de la nature humaine. En tout cas pas sans l’autorisation du tout puissant Big Brother, l’homme à moustache.

Sous surveillance

Partout, des écrans n’ont plus pour utilité d’être regardés mais nous surveillent. Et à qui peut-on faire confiance ? À personne. L’arme la plus fine du gouvernement réside dans les plus insouciants : les enfants. Chaque jour, des parents peu discrets se font pourfendre. Par leur propre chair.

L’histoire d’un homme

Dans ce monde clos, Wilson se prend à réfléchir.  Il écrit alors : « Le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort. » Il entreprend des recherches sur le passé libre du pays. Etrangement, un silence convenu s’empare de ceux qui détiennent le savoir. Parler est bien trop dangereux et ne changera rien. Il faut dire que Wilson travaille au sein de l’administration du pays, dans le ministère de la Vérité. L’ironie est criante puisqu’il est en charge de remanier les discours de Big Brother après publication. Malgré cela, Wilson n’en sait pas plus que les autres. Et, un jour, il croise le regard d’une femme. Il lit en elle le même désir, celui de faire basculer sa vie hors de l’ignorance. Une histoire d’amour s’éveille. Mais l’avenir des tourtereaux est incertain. Aimer est un signe de faiblesse. Il faut se cacher sans éveiller les soupçons de quiconque.

Une vision du livre

1984 est un roman troublant. Censée appartenir au passé, l’histoire est encore bel et bien d’actualité. Avec l’avènement d’internet et des caméras de surveillance dans les grandes villes, les citoyens commencent à être observés. La frontière entre la protection et le conditionnement est fine. Les habitants que décrit le romancier ont manqué d’une chose, la méfiance. Et cela va plus loin. 1984 nous apprend une chose importante : la dictature ne s’installe pas en un jour. Ce sont aux citoyens de ne pas oublier qu’ils peuvent faire valoir leur volonté. Car s’ils ont une force il s’agit de la masse. Le jour où un homme du gouvernement entre dans votre chambre à coucher pour installer une caméra… ce sera déjà trop tard. Puis, des producteurs bien dans leurs souliers ont fini par adapter ce chef d’œuvre littéraire pour créer un nouveau genre : la télé-réalité. Et cela a marché : Big Brother au Canada, Loft Story et Secret Story en France. Ils ont vraiment tout compris…

Pour ceux qui n’aiment pas lire:

Roleplaying games: how to live another life in your living room

1 Juin

Have you ever dreamt of being another person? Maybe you would have liked to be an elf, a werewolf, a magician… With role playing games, everything is getting possible. Only the lack of imagination could be a barrier.

Does “Dungeons and Dragons” ring the bell? This medieval-fantastic role playing game was born in the 70’s. And nothing about it is old-fashioned today. In 2009, Pathfinder, embodied in Paizo Publishing, diversified its publications. It launched a modified and extended version of Dungeon and Dragons’ 3.5 rules. Players were, in fact, not convinced by the 4.0 rules that were not compatible with their own games and were looking for a better adaptation. Pathfinder offered them the opportunity to create « user generated rules ». Before this experience, Pathfinder was only publishing scenarios to be played with D&D’s rules. Therefore, now they became a real reference in this strange world and obtained the key of their success.

And to begin…

Roleplaying game’s concept is simple to understand. The game master is an important person. He is the only one knowing Pathfinder’s scenario, also named campaign. He is present to explain what happens when a player opens a door or meets a character. The players, three or four of them, incarnate a character of their choice. They imagined the background – the story of the character before the game -, behaviour and thoughts of their character. Finally, you need some dices of four to twenty faces. These dices are thrown whenever one wants to accomplish an action. Beginning a campaign is even an event : some twittos and members of facebook are proud to share the news of the creation of their characters and, sometimes, ask for some advise.

 

The hard point in this hobby is that one generally join a group of friends that is used to Pathfinder. The rule book is composed of more than 350 pages, good luck if you want to know it by heart. Fortunaly, only the game master has to work that hard. And Pathfinder found a solution to this problem: the beginner box. Lots of people found interesting to unbox it and publish it on Youtube. Here is an example:

A story game

Campaign games are too complex and long to be exposed on Twitter or Facebook. Players often prefer to create a blog or to publish videos on Youtube. The interesting thing is to discover that a scenario can have different ends. In fact, only the players’ actions do the game. And their background become very important.

Blogers become authors of their own book. And they prove, sometimes, to be very patient because some campaigns, as this one, lasted for three years. And the author did a complete summary of all their meetings. Campaign are, in fact, composed of six books and are very long to complete. It is even possible on some websites to discover good or bad reviews on some campaigns.

Last advise: if you want to launch a game, be careful it is addictive.

À mort le livre ?

30 Mar

Le livre est un objet obsolète, lourd, jetable. Ses pages se cornent, il est bien trop fragile. Et puis, pourquoi devrions-nous acheter un livre lorsque l’on peut le photocopier. Nous pouvons même en lire des dizaines sur internet.

Tristesse, le livre perd de sa noblesse.

Nous vivons dans une société fataliste qui part du principe qu’un objet en remplacera immanquablement un autre. Le disque serait remplacé par le MP3, le journal par les pure-players, l’intelligence par la beauté. Que dire ! Les amoureux du livre existent toujours. Entrez donc dans les vieilles librairies cachées de Paris, de Neuchâtel et d’ailleurs pour y sentir l’odeur du papier vieillissant. Journal ou livre, peu nous importe, il faut continuer à tourner les pages. Et à remplir des bibliothèques par autre chose que des classeurs de factures. Après tout, que serait un appartement sans bibliothèque ? Moins inflammable, certes mais moins chargé d’histoire et de fantaisie.

Petite vidéo décalé sur le même thème:

Mr Fraize : « Je ne rentre pas dans le moule »

29 Mar

HUMOUR. « On ne demande qu’à en rire », émission de Laurent Ruquier a offert la visibilité à M.Fraize. Puis il disparaît, accusé de ne pas travailler. Peut-être un tremplin pour sa tournée.

Monsieur Fraize c’est un peu le mauvais garçon de « On ne demande qu’à en rire », l’émission de Laurent Ruquier. Après plusieurs passages, il se fait rabrouer par le journaliste. La scène n’est pas coupée au montage. Les autres candidats mettent le paquet pour la télévision : déguisements, effets de lumières, sketches de groupe. Des sketchs qui se détachent parfois de l’humour de leur premier passage. Mr Fraize, de son côté, ne lâche pas son personnage et ne veut pas d’accessoires. Chacun son dada, monsieur Fraize n’entre pas dans le moule télévisuel.

Alors, il commence sa tournée, de son côté. En Suisse, il passe par la Tour de Peilz dans la salle du théâtre du château. Une scène où le comédien ne peut rien cacher à son public.

L’homme en scène

Le spectacle commence en musique. Monsieur Fraize entre. Un jean trop court et un polo rouge démodé rentré dans son pantalon, à priori, l’homme ne paye pas de mine. Mais, il n’eut à dire que deux mots pour que, déjà, les rires emplissent la salle. Le personnage prend vie, l’air de rien et semble hors du temps.

La performance est à la fois déroutante et impressionnante. Le monde dans lequel il nous emmène est bien loin des Gad Elmaleh, Franck Dubosc et autres humoristes en vogue. Sur une heure et demie de spectacle ce n’est pas le texte qui domine mais le silence. Un art que peu de comiques peuvent se permettre d’exploiter. Mais le personnage dégage une telle force! « Je n’ai pas pu m’arrêter de rire du début à la fin, je vois la minutie et le travail derrière chacune de ses mimiques » confie un spectateur après le one-man show.

Il est vrai que chacun des gestes de M.Fraize est minutieux et règne dans un bazar organisé : « Il faut que j’entre dans mon personnage. Je ne dois pas avoir trop d’interactions avec le public parce que sinon je peux le perdre en plein spectacle. » Et voilà où l’exercice s’avère difficile. Plusieurs personnes répondent à haute voix et se prennent – peut-être trop – au jeu. Mr Fraize, grand naïf au comportement enfantin, trébuche sur chaque mot, souvent incertain de ce qu’il aimerait dire.

L’homme en coulisse

Lorsqu’il sort de la salle pour aller fumer une cigarette juste derrière moi : il est méconnaissable. Plus de polo, Marc Fraize – interprète de Mr Fraize – est passe partout. Pour lui, ses passages chez Laurent Ruquier restent un bon souvenir. Il s’est amusé. Un regret vient tout de même ponctuer son discours : l’incompréhension. Mais il ne baisse pas les bras : « un jour ou l’autre, certains comédiens sont reconnus parce qu’ils n’entrent pas dans le moule. Ils ont su être différents «  lance t-il.

Pourtant, pour les fans de Mr Fraize, la pilule reste difficile à avaler. Plus de Mr Fraize sur France 2. « C’était mon préféré. Mais, je ne me fais aucun souci pour lui, il va réussir à monter malgré tout ce qu’il s’est passé » conclut un spectateur.

Didou le clown en action

28 Mar

Durant toute l’année, les clowns de la Fondation Théodora vont amuser petits et grands dans les chambres d’hôpital. Rencontre.

A première vue, hôpital ne rime pas avec amusant. Encore moins pour les enfants. Les voilà embarqués dans un environnement totalement inconnu. Les murs sont blancs. La lumière est souvent plus que tamisée. Les infirmières, malgré leur extrême gentillesse, n’ont pas qu’un seul et unique patient. Même les heures défilent à une lenteur telle que cela en devient inexplicable scientifiquement.

C’est à ce moment que la Fondation Théodora intervient. Fondée en Suisse en 1993, elle forme des docteurs Rêves. Ils sont marionnettistes, mimes, chanteurs, danseurs… et clowns. Pas médecins. « La formation proposée à l’école de la Source de Lausanne, leur apprend à évoluer en milieu hospitalier ainsi que dans les institutions spécialisées » explique Karin Kotsoglou, responsable des publications. Avec les dr Rêves, les minutes s’accélèrent.

Didou et sa « didou-mobile »

Dans les couloirs du service pédiatrique de l’hôpital Pourtalès à Neuchâtel, Didou ne passe pas inaperçue.  Sa blouse n’est pas d’un blanc immaculé. Un arbre cousu dans le dos et des milliers de poches lui donnent l’air d’un arbre peu commode. Sur le bout de son nez, une petite fleur trône. Un peu de maquillage et un chapeau finissent sa transformation. Dans sa petite hotte, à la Marry Poppins, il semble y avoir de quoi fouiller. Même la guitare fixée sur sa « Didou-mobile » est customisée aux couleurs de sa blouse. Quel personnage !

« J’ai commencé à être dr Rêve en 1999. Je connaissais déjà bien les hôpitaux, en partie parce que je suis moi-même maman. Cela m’a permise de lier le monde artistique au monde hospitalier » raconte Didou. Dès l’âge de 13 ans, elle a commencé à créer des marionnettes en autodidacte. Elle a donné des cours et a finalement éprouvé le besoin de « passer à l’animation ».

Visites pour petits et grands

Alors, passons à l’animation ! La journée commence avec la néonatologie. Une visite tout en chuchotements. Didou chante, Didou sourit. Un si petit enfant peut-il réellement sentir sa présence et son pouvoir comique ? Peut-être, oui. Même si le bébé dort, la maman est là. Didou aide également les parents à passer un bon moment. Devant un clown, qui ne redevient pas un enfant ?

Didou se dirige ensuite dans la chambre de Kenza, une petite fille d’environ six ans. « Elle n’a presque pas dormi tellement elle se réjouissait de voir Didou » confie la maman. Pour le plus grand plaisir de la petite fille – de sa mère et de sa tante – Didou entre en scène et aime l’improvisation. Kenza adore la magie ? Qu’à cela ne tienne ! Un sac en velours, une corde et trois foulards feront un tour de magie. Kenza y participe avec enthousiasme : « Abradabra » crie t-elle. La chambre accueille tous les rires. Les minutes passent tellement vite que Kenza ne laisse plus Didou partir. Mais, pour notre dr. Rêve, la tournée n’est pas terminée…

Labyrinthe: l’histoire en roman

27 Mar

L’histoire commence avec Alice Tanner. Cette jeune femme s’est engagée comme volontaire sur des fouilles archéologiques dans le sud de la France. Loin des regards, elle découvre une grotte. Elle y trébuche sur deux squelettes puis aperçoit un labyrinthe gravé sur l’un des murs. Cette situation lui semble étrangement familière. Tout cela doit rester secret, elle le sait… C’est huit cent ans auparavant que tout débute réellement. Alaïs Dumas née Lepelletier, vit à Carcassonne. A cette époque, les tensions religieuses laissent penser qu’une guerre va éclater. Les menaces contre la ville de Carcassonne obligent le père d’Alaïs à privilégier son rôle d’intendant. Il se doit d’oublier le rôle de protecteur qu’il tenait par le passé. Il lui confit alors un livre contenant le secret du Graal. Alaïs sait que cet ouvrage ne doit pas tomber entre de mauvaises mains. Le protègera t-elle au péril de sa vie ?

Dans ce livre, Kate Mosse démontre une capacité infinie à nous faire ressentir une palette d’émotions fortes au travers de ses personnages. Qu’il s’agisse de joie, de peur ou encore de passion, tout y est. Les personnages sont plus vivants que jamais. Le mélange des temporalités, quant à lui, nous lance dans un suspense incomparable. Deux destins bien lointains finissent par se rejoindre subtilement à la pointe de la fine plume de l’auteure. Fiction et réalité s’entremêlent, laissant au lecteur la tâche ardue de distinguer le vrai du faux. C’est telle une magicienne, que l’auteur nous mène par le bout du nez. Une histoire poignante et prenante.